Fixation pour fauteuil roulant
Les systèmes de fixation (ou d'arrimage, ancrage) pour le transport de Personnes à Mobilité Réduite (TPMR) permettent de maintenir un fauteuil roulant et son occupant en toute sécurité dans une voiture/van en cas de choc ou de freinage brusque. Ce dispositif doit répondre à des normes strictes de sécurité et d'homologation.
L'arrimage du fauteuil permet de fixer solidement le châssis de la chaise roulante au plancher du véhicule.
1. Système d'ancrage à 4 points
C'est le système le plus répandu et le plus polyvalent.
Il est composé de 4 sangles robustes (deux à l'avant, deux à l'arrière) qui viennent se clipser sur des rails encastrés dans le plancher de la voiture et s'accrocher à des points précis de la structure du fauteuil.
Les enrouleurs peuvent être manuels ou électriques. Les sangles doivent respecter des angles d'attache précis (souvent entre 30° et 60°) pour empêcher tout mouvement d'avant en arrière ou de basculement.
La loi belge impose que les fixations soient homologuées pour la masse du fauteuil qu'elles retiennent :
- Kit Standard : Limité à 85 kg maximum pour le fauteuil seul
- Kit Renforcé : Limité à 150 kg ou 200 kg pour les gros fauteuils électriques
Ce dispositif doit toujours être accompagné d'une ceinture de sécurité à 3 points qui se fixe sur les ancrages du véhicule ou les rails et jamais uniquement sur le fauteuil lui-même.
Avantages
- Les sangles s’adaptent à quasiment tous les modèles de fauteuils roulants du marché (manuels ou électriques), pour autant que le fauteuil dispose de points d'ancrage homologués. Si vous changez de fauteuil, vous n'avez pas besoin de modifier le véhicule
- Les composants (rails en aluminium encastrés au sol et kit de sangles) et la main-d'œuvre nécessaire pour l'adaptation du véhicule restent abordables
- Permet d'accueillir n'importe quel passager sans adaptation préalable de sa chaise roulante
- Une fois correctement installées et tendues, les sangles offrent une résistance exceptionnelle en cas de choc ou de freinage d'urgence (répondant aux crash-tests de la norme ISO 10542). Le fauteuil fait corps avec le châssis de la voiture
Inconvénients
- L'intervention d'un tiers est absolument obligatoire pour venir se pencher, clipser les sangles à l'avant et à l'arrière, puis les tendre. Il est donc impossible d'envisager ce système si la personne en fauteuil souhaite conduire elle-même
- Pour installer les sangles de manière sécurisée, l'accompagnateur doit s'agenouiller ou se pencher à l'intérieur du véhicule, parfois dans des espaces restreints (surtout pour les sangles avant)
- L'arrimage complet (fixer les 4 sangles + installer la ceinture de sécurité à 3 points pour le passager) prend facilement plusieurs minutes à chaque trajet. Dans le cadre de trajets du quotidien répétés ou sous la pluie, cela peut devenir une contrainte
- Bien que les rails soient encastrés dans le plancher, ils forment de petites rainures qui peuvent accumuler les poussières, les petits cailloux ou la boue apportés par les roues du fauteuil, ce qui nécessite un nettoyage régulier pour que les clips des sangles coulissent bien. De plus, lorsque le fauteuil n'est pas dans le véhicule, il faut détacher les sangles et leur trouver une place de rangement pour éviter qu'elles ne traînent au sol
Prix : Kit d'arrimage basique à 4 sangles (enrouleurs manuels ou automatiques) : Entre 280 € et 600 €
2. Le système de verrouillage automatique (Dahl ou station d'ancrage)
Ce système est prisé par les personnes qui conduisent elles-mêmes depuis leur fauteuil ou qui recherchent une autonomie complète.
Il est composé de deux éléments:
- La station (au sol du véhicule) est une plaque électronique et mécanique ultra-plate qui est solidement fixée au plancher de la voiture ou du van.
- La plaque d'ancrage (sous le fauteuil) est une petite pièce métallique (goupille ou plaque de verrouillage) qui est vissée sous le châssis du fauteuil roulant.
L'utilisateur avance simplement son fauteuil au-dessus de la station. Dès que la pièce sous le fauteuil s'enclenche dans la station au sol, le système se verrouille automatiquement avec un clic de sécurité. Pour descendre, il suffit d'appuyer sur un bouton poussoir électrique installé sur le tableau de bord ou à portée de main.
Ce dispositif doit toujours être accompagné d'une ceinture de sécurité à 3 points.
Avantages
- L'utilisateur peut s'attacher et se détacher seul, sans l'aide d'un tiers. C’est la solution idéale pour les personnes handicapées qui souhaitent conduire leur propre véhicule aménagé
- Plus besoin de se baisser pour installer 4 sangles laborieuses. L'arrimage se fait en 2 secondes
- Le système Dahl est l'un des plus sûrs au monde. Il est certifié TÜV et a passé des crash-tests rigoureux (normes ISO 10542-1 et réglementations européennes strictes pour les voitures de catégorie M1). Il est conçu pour résister à de fortes collisions, même avec des fauteuils roulants électriques lourds (jusqu'à 200 kg)
- Contrairement aux rails et sangles qui encombrent l'espace, la station Dahl est extrêmement compacte, ce qui permet de manœuvrer facilement à l'intérieur de l'habitacle
- Dahl travaille en partenariat direct avec les plus grands fabricants de fauteuils. De nombreux fauteuils possèdent déjà des trous pré-percés en usine pour y fixer directement le kit Dahl
- Dahl propose également une évolution appelée VarioDock™. Cette version permet non seulement d'ancrer un fauteuil roulant, mais aussi d'y clipser un siège de voiture d'origine sur console. Cela permet de moduler le véhicule en un clin d'œil : si la personne en fauteuil ne voyage pas, on remet un siège classique au même emplacement.
Inconvénients
- La station au sol et le kit d'adaptation pour le fauteuil coûtent cher à l'achat
- L'installation ne peut pas être faite soi-même. Elle doit impérativement être réalisée par un carrossier ou un installateur agréé TPMR, car elle touche à la structure du véhicule (ancrage au plancher, branchements électriques sur la batterie)
- Comptez généralement plusieurs milliers d'euros (matériel + pose), là où des sangles manuelles classiques ne coûtent que quelques centaines d'euros
- Pour que le système fonctionne, on doit visser une plaque métallique ou une goupille sous le fauteuil roulant. Cette pièce dépasse légèrement vers le bas. Cela réduit la garde au sol (l'espace entre le dessous du fauteuil et le sol). L'utilisateur risque de frotter ou d'accrocher plus facilement les petits obstacles du quotidien : les hauts de trottoirs, les bateaux de route mal conçus, les rails de portes coulissantes ou les seuils de magasins.
- La station étant fixée à un endroit très précis du plancher (souvent au poste conducteur ou passager avant), modifier l'agencement du véhicule par la suite est complexe et coûteux
- Le kit de fixation est propre à un modèle de fauteuil précis. Si l'utilisateur change de fauteuil roulant, il faut souvent racheter un nouveau kit d'adaptation Dahl (si le nouveau fauteuil est compatible) et refaire l'installation sous le nouveau châssis
- Certains modèles (notamment des fauteuils manuels ultra-légers ou certains fauteuils électriques pliants) n'ont pas un châssis assez rigide pour recevoir la plaque d'ancrage, ou ne disposent pas de l'espace central nécessaire sous l'assise pour installer la pièce métallique
- En cas de panne de batterie totale du véhicule ou de bug électrique du système, il faut utiliser une commande de secours mécanique manuelle (un levier d'urgence). Celle-ci est parfois difficile d'accès pour la personne en fauteuil elle-même, ce qui peut poser un problème de stress ou de sécurité si elle est seule à bord
Prix : le prix moyen pour l'installation complète d'un système d'ancrage Dahl oscille généralement entre 3 000 € et 4 500 € (TVA incluse)
Aides financières
Certaines aides techniques peuvent faire l’objet d’une intervention financière.
Vous souhaitez savoir si ce matériel spécifique peut être pris en charge par un organisme régional et quelles seraient les conditions et modalités d’intervention pour cette aide ?
Si vous habitez en Région wallonne, n’hésitez pas à consulter le site de l’AVIQ via ce lien afin de prendre contact avec un collaborateur de votre bureau régional.
Si vous habitez à Bruxelles, vous pouvez prendre contact avec votre mutuelle ou à la CAAMI via ce lien ou via Iriscare.